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41 ⋅ (Inter)-dépendance

Tu veux bien interdépendre avec moi ? 😼

Chronique n°41
(Inter)-dépendance

La dépendance affective est mal vue aujourd’hui.
Fusionner dans une relation jusqu’à s’oublier soi-même peut être un vrai problème, et une véritable source de souffrance. Ou pas.
Mais tout le monde passe par des phases de dépendance…
J’avoue, bébé, j’ai été dépendant affectif.
Et j’ai recommencé plus tard.
Je pourrais parier que toi aussi.
À la naissance, je ne faisais littéralement pas la différence entre moi et ma maman (la personne qui prenait soin de moi), et je n’avais même pas conscience d’être une autre personne.
À ce moment-là, je m’attache, et ce lien d’attachement est une question de survie.
Plus tard, adolescent, puis adulte, j’ai vécu des lunes de miel pour quelques heures, quelques jours ou quelques mois… où je fusionnais complètement avec mon nouveau maour.
Ensuite, je prenais conscience que j’existais en dehors de l’autre : j’apprends à marcher, j’apprends à dire non et à le répéter, j’apprends à affirmer mon existence. Je me mets en colère.
Ça arrive tout petit (phase du « non »), peut se répéter à l’adolescence, peut se répéter dans un couple.
C’est la phase d’opposition, la contre-dépendance.
Après le « non », je continue à grandir, j’apprends, je veux savoir faire « tout seul », je me teste et j’explore par moi-même, j’ai besoin de solitude, de liberté, d’air et d’espace.
Enfin libre !
Ce besoin d’indépendance, je le vis enfant, je le répète en partant de chez mes parents, et je peux le revivre dans des relations affectives avec de l’attachement (« On fait une pause »).
Puis je reviens vers l’autre. J’ai mon identité propre, mon indépendance, mes émotions, mes envies, mes projets. Je peux comprendre celles et ceux des autres, les reconnaître. Voir nos points communs et nos différences.
Demander de l’aide sans fusionner.
D’adulte à adulte.
C’est l’interdépendance.
Animal social, j’entretiens ce lien d’interdépendance avec plusieurs personnes, parents, ami⋅e⋅s ou maours, car il y a de nombreuses choses que je peux faire, mais encore plus que je ne peux pas faire seul⋅e.
Et c’est dans cette interdépendance, pas dans la solitude, que j’acquiers finalement ma véritable autonomie avec des attachements sains.
Et ce cycle revient, parfois dans le même couple.
Je peux aussi revenir à des phases de dépendances à cause de nouveaux coups de foudres, de phases plus difficiles où j’ai besoin de soutien, mais aussi d’accidents, de maladies… et repasser par les différentes étapes.
Avec l’expérience et plus de maturité affective, j’apprends à traverser ou éviter ces phases pour aller plus vite vers l’interdépendance et des relations saines, en apprenant de mes erreurs.
Enfin, tôt ou tard, l’espace, le temps, nos évolutions affectives ou la mort nous obligera à dé-fusionner.
Notre relation s’arrêtera, et viendra le temps du deuil.
Et ce deuil n’a pas à regretter l'(inter-)dépendance, car s’attacher, c’est vivre pleinement.

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