Les Maoureuses

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48 ⋅ 4 ⋅ Féministe ?

Aujourd’hui, enfin la reprise du récit, avec mon rapport compliqué au féminisme… 🤔

Chronique n°48 ⋅ Partie 4
Féministe ?
Chroniques de la guerre des sexes

Petit à petit, je suis devenu adulte, je me suis laissé poussé les cheveux longs.
Je me suis mis en couple avec une femme qui avait subit de la violence dans sa relation hétéro précédente, et je lui ai offert toute la douceur que je pouvais.
Bien des années plus tard, en découvrant le polymaour, j’ai également découvert le féminisme, un an avant le début de #metoo.
J’ai rencontré des femmes militantes et en colère.
J’ai beaucoup lu, écouté, appris.
Ayant vécu de la violence moi-même, j’avais beaucoup d’empathie et j’adhérais beaucoup à leurs idées.
Et je suis encore d’accord aujourd’hui avec énormément de choses.
Oui, les femmes et les personnes queer sont les principales victimes du patriarcat.
Les siècles de violence et d’oppression qu’ont subit et que subissent encore les femmes méritent une vraie justice et de profonds changements.
La violence qu’elles avaient subie et dont elles souffraient toujours m’était pourtant parfois renvoyé.
Des maoureuses qui n’avaient pas encore pu soigner leurs blessures me les renvoyait en pleine tête avec leur colère.
Et trop souvent, j’y répondais avec les miennes.
Ça n’empêcha pas que pour la première fois de ma vie, je découvrais que je pouvais m’autoriser à désirer des hommes.
Je crois que je me l’étais interdit avant, parce que c’était trop dangereux, socialement, et émotionnellement.
Paradoxalement, ces mêmes femmes m’interdisaient pourtant d’être féministe.
Perçu comme un homme (cis, hétéro), je n’avais qu’à me taire et être d’accord avec des féminismes multiples et changeants.
J’étais autorisé à être « proféministe » ou « allié », mais pas m’identifier à leur combat même si moi-même j’avais subi des violences et des oppressions proches.
Bien sûr nos vécus sont différents.
Oui j’ai des privilèges.
J’ai essayé de me conformer.
De faire tout ce qu’il fallait pour être enfin reconnu comme un « homme bien ».
Je me suis sur-adapté.
Se soumettre, même avec plaisir, est encore la meilleure façon de ne pas paraître dominant.
Jusqu’à ce que je comprenne enfin que c’était peine perdue :
J’avais le sentiment que quoi que je fasse, je serais toujours perçu comme un homme et mis dans la case « monstre » par celles que j’aimais et que j’admirais à ce moment-là.
J’étais encore tamponné⋅e entre le genre masculin et féminin, mais ni l’un ni l’autre.

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